Pardon de Dieu et joie de l'homme

Publié le par @robase

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Réflexion Chrétienne entres amis

Pardon de Dieu et joie de l'homme

 

Ex 32, 7…14 - Ps 50 - 1 Tm 1, 12-17 - Lc 15, 1-32

Le pardon de Dieu n'est pas triste… Trop souvent, on le présente comme une vague condescendance du Créateur devant les erreurs de sa créature. Oui, bien sûr, il a péché : passons l'éponge ! Le pardon de Dieu serait, au minimum, le mépris, dans la majorité des cas, l'indifférence, et dans le meilleur des cas, l'oubli. « N'en parlons plus ! C'est du passé ! »


C'est trop mal comprendre que le pardon de Dieu n'est qu'une expression de sa miséricorde. De sa miséricorde infinie : car elle existe en fait comme le visage de Dieu, comme la révélation, la manifestation de sa nature la plus intime. Dieu est miséricorde. Et tous les textes liturgiques sur le pardon du Seigneur doivent être lus moins comme des témoignages sur son action, mais sur son être.


La conséquence immédiate est qu'il ne faut jamais plaider contre lui pour tenter d'obtenir son pardon par quelque négociation habile, mais qu'il faut toucher son cœur, par un appel à sa miséricorde, à son amour.

Péché collectif et miséricorde



Le veau d'or ne symbolise pas un culte de l'argent ! Certes, il est fait d'or et de métaux précieux fondus pour réaliser la petite statue.

Mais le problème, ce n'est pas l'or dont elle est faite, c'est la statue elle-même ! Le veau d'or, c'est le retour aux idoles. C'est la renaissance de l'idolâtrie. Un peuple entier, libéré d'Égypte, a su apprendre sur les chemins du désert, que la religion faisait découvrir que le divin n'est pas matériel, mais spirituel, que le culte ne peut porter sur des idoles de pierre ou de bois, mais que croire en Dieu, c'est croire qu'il est amour, et qu'il marche librement, aux côtés de son peuple libre, dans un accompagnement de liberté

Et voilà que ce peuple reviendrait à l'idolâtrie ? C'est la faute ! C'est l'insulte à Dieu par excellence ! Y a-t-il des circonstances atténuantes ? Un avocat saurait les plaider : oui, il y a les autres peuples, leurs cultes des idoles ; il y a le besoin de voir et de toucher son Dieu comme palpable et bien réel ; il y a le désir d'une rencontre, au lieu de cette marche en avant dans l'obscurité et l'absence, derrière un Dieu symbolisé par une évanescente et mystérieuse colonne de feu…


Moïse ne plaide pas. Il fait appel à la miséricorde de Dieu. « Seigneur, tu as aimé ce peuple. Tu l'aimes encore. Tu as noué avec lui des alliances. Tu lui as fait des promesses. Il est de ta nature de les respecter et de les réaliser. Fais-lui miséricorde, puisque tu es miséricorde ! »


Et ça marche, si j'ose dire ! Le Seigneur « renonça au mal qu'il avait voulu faire à son peuple » : parce que Moïse n'a pas négocié avec lui un pardon de désinvolture ou de mépris, mais qu'il a mis le Seigneur en demeure de respecter sa nature profonde, son être réel, qui est Amour.



Un persécuteur retourné par la miséricorde

Cette miséricorde qui a su remettre un péché collectif du peuple est aussi celle qui a transformé un persécuteur en apôtre. Paul a été un blasphémateur et un persécuteur de la doctrine évangélique et des disciples de Jésus. Il l'a été de toute sa sincérité, de toutes ses convictions, de toute son énergie. C'est lui déjà qui gardait les vêtements de ceux qui lapidaient Étienne. C'est lui qui a demandé des mandats explicites pour être officiellement chargé de poursuivre et d'emprisonner les disciples du Christ. On ne peut donc contester son authentique « vocation de persécuteur ».




C'est pourtant ce même homme que le Christ a choisi pour devenir son apôtre : Paul ne s'est pas converti, ne s'est pas retourné : il a été conquis, après avoir été séduit. Pour quel motif ? Pour aucun autre que la mission elle-même de Jésus : le Christ est venu dans le monde pour sauver les pécheurs. « Et moi, commente Paul, moi le premier je suis pécheur. » Ce n'est donc pas le mérite, l'effort ou même la sincérité qui ont fait du persécuteur un apôtre : c'est sa condition de pécheur, objet d'une miséricorde dont le but même, pour Dieu, est de s'adresser aux pécheurs !



Et ce n'est pas marginal ou secondaire : d'avoir été ainsi personnellement pardonné, appelé et envoyé comme apôtre donne droit à Paul de dire que cette action de la générosité et de la miséricorde de Dieu faisait de lui « le premier exemple de ceux qui croiraient en lui pour la vie éternelle ! ».

La joie de l'homme

La notion de pardon a trop souvent été liée à celle de regret comme à celle de pénitence. Au « tribunal de la pénitence », comme on appelait jadis le confessionnal, la conversation se terminait par l'absolution du péché et l'imposition d'une « pénitence » (trois Pater et deux Ave…). On sortait absous. Était-on « réconcilié » ? La plupart du temps, on quittait l'église en oubliant « d'accomplir sa pénitence », trop heureux d'en avoir fini avec cette ennuyeuse formalité.


Quel autre climat dans l'Évangile ! D'abord, Jésus fait « bon accueil » aux pécheurs, et sans les juger ni les condamner, mange avec eux…

Et ensuite, les paraboles dites « de la miséricorde » parlent moins de péché, de pardon et de pénitence que de joie. La miséricorde est moins un chemin vers la pénitence qu'une voie royale vers la joie…



Une brebis perdue dans les champs et retrouvée ? Réjouissez-vous avec moi ! Une pièce d'argent récupérée dans la pénombre ? Venez la dépenser avec moi ! La joie des anges et celle des hommes sont toujours supérieures à la conversion et même à la pénitence du plus endurci des pécheurs !



Le pardon de Dieu n'est ni triste, ni juridique, ni judiciaire ! Il n'est qu'effervescence d'une miséricorde créatrice de joie : en ce dimanche, sachons retenir que la miséricorde du Seigneur est la principale cause de notre joie chrétienne.



Un peuple idolâtre a découvert que l'amour que lui portait le Seigneur était supérieur à sa faute. Paul a appris que s'il était devenu apôtre, avec la joie de servir Jésus, c'est parce qu'il était pécheur, et comme tel plus particulièrement aimé d'un Christ venu pour les pécheurs. Et le berger de l'Évangile,, avec sa dernière brebis, comme la ménagère, avec sa dernière pièce d'argent, se retrouvent avec des amis pour fêter leur joie… Pourquoi pas autour d'un bon déjeuner ?



Un pécheur pardonné, ce n'est pas un « ancien pécheur » qui traîne mélancoliquement son pardon alourdi de sa pénitence, c'est un homme libéré et joyeux, parce qu'il sait qu'il a été aimé le premier par un Seigneur dont la miséricorde existait déjà, par anticipation, avant même qu'il ne soit pécheur…

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M
quelle jolie icone,je vais l'imprimer pour moi ,sur du papier photo
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I
bon texte sur le pardon de Dieu,que nous devons accepter par la foi aprés la confession de notre faute et reprendre la route le coeur allégé
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