Jésus le pain de vie

Publié le par @robase


 
 

 


Réflexion Chrétienne entres amis



Jésus le pain de vie

Jean chapitre 6, versets 41 à 51

« 41 Les Juifs alors se mirent à murmurer à son sujet, parce qu'il avait dit : "Je suis le pain descendu du ciel." 42 Ils disaient : "Celui-là n'est-il pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous connaissons le père et la mère ? Comment peut-il dire maintenant : Je suis descendu du ciel ?" 43 Jésus leur répondit : "Ne murmurez pas entre vous. 44 Nul ne peut venir à moi si le Père qui m'a envoyé ne l'attire ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. 45 Il est écrit dans les prophètes :

 Ils seront tous enseignés par Dieu. Quiconque s'est mis à l'écoute du Père et à son école vient à moi. 46 Non que personne ait vu le Père, sinon celui qui vient d'auprès de Dieu : celui-là a vu le Père. 47 En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. 48 Je suis le pain de vie. 49 Vos pères, dans le désert, ont mangé la manne et sont morts ; 50 ce pain est celui qui descend du ciel pour qu'on le mange et ne meure pas. 51

Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. »

Les juifs "murmurent" en leur for intérieur face au discours insolite de Jésus sur le pain de vie. Ce "murmure" est un doute intérieur, un soupçon jeté a priori sur la prétention de Jésus à être pain descendu du ciel, c'est-à-dire, sa prétention à être la nourriture véritable de l'homme car il dit venir de Dieu. Ce "murmure" nous renvoie à l'Exode (confirmation est faite par l'étude du vocabulaire). Les Hébreux en effet murmurent au désert contre Moïse alors qu'ils se prennent à regretter le pain et la viande d'Égypte. Ce murmure est murmure contre Dieu : Ex 16,1-8.


Le "murmure" des Hébreux comme celui des Juifs contemporains de Jésus a une seule et même signification : il exprime l'attitude du cœur (et de l'esprit) qui subordonne l'acte de foi à une appréciation humaine de la réalité. Si ce regard sur le réel contredit l'acte de foi, alors cette foi vacille et pourrait même disparaître. Voilà qui invite à méditer sur ce qu'est l'acte de foi.

La disposition à croire ne peut être soumise aux critères de jugement que l'homme formule en dehors de la foi. En effet, et ceci est décisif, c'est la foi elle-même qui doit faire entrer l'homme dans une perception nouvelle de sa propre réalité.



 La foi forge par conséquent un nouveau regard sur la réalité, regard qu'il est bien impossible d'acquérir sans elle. Nul ne peut juger par conséquent de la pertinence de la foi en dehors de la foi. Celui qui fait ainsi juge une attitude, un acte qui ne se peut comprendre "ad extra". Au contraire, le regard de l'homme acquiert une nouvelle dimension dans l'acte de foi. Son jugement sur le réel en est lui-même transformé. L'acte de foi est alors pleinement "convaincant" à partir de la foi elle-même, quand bien même ce regard de foi viendrait contredire occasionnellement un autre regard extérieur à la foi. La foi est purification du regard et du cœur, elle dispose à voir autrement, à voir "l'invisible". Elle engage par conséquent un jugement et un agir tout à fait propre à cette démarche de foi.




La réponse de Jésus est très précisément une invitation à aller de la foi à la foi, invitation à partir de la foi elle-même pour entrer dans le mystère de la foi. Il souligne que nul ne va à lui si le Père ne l'attire. Dieu est lui-même au principe de l'acte de foi, il est cet acte même autant que son contenu. Il s'agit d'être "enseigné par Dieu". Cette référence à l'Écriture nous situe dans le contexte de l'Alliance éternelle : Is 54,13 ; 54,10 ; 55,3 ; 59,21 ; 61,8. Cette alliance accomplie ne saurait advenir que si Dieu lui-même prend possession de l'homme pour l'attirer à lui. La Loi du Seigneur doit être écrite dans son cœur : Jr 31,33-34. L'homme doit recevoir de Dieu une connaissance intérieure qu'il ne peut acquérir par lui-même, la connaissance dans l'Esprit Saint : Ez 36,25-27. Autant de références scripturaires qui constituent l'horizon de notre Évangile et en dégagent le sens.



 La naissance de la foi qui surgit du cœur de l'homme n'est autre que l'éveil, la reconnaissance de ce Dieu qui depuis toujours habite le cœur de l'homme.

Le thème de l'attirance, de l'attraction fait référence quant à lui à l'amour par lequel Dieu s'empare du cœur de l'homme pour le conduire à lui, thème si prégnant dans l'Écriture (confirmation également ici par le vocabulaire). Dieu captive et "énamoure" le croyant. C'est ainsi précisément qu'il peut faire naître l'acte de foi dans l'homme. Le propre de l'amour est d'attirer l'amant vers l'aimé par une force d'attraction intérieure qu'il n'est pas nécessaire de stimuler extérieurement ou artificiellement.


C'est justement parce que c'est une affaire d'amour, de dynamisme intrinsèque, que la foi ne saurait être donnée que "dans" la foi. Ce thème de l'attirance amoureuse nous renvoie à de nombreuses pages de l'Écriture, citons seulement ce passage d'Osée : Os 11,1-4. La foi consiste par conséquent en un dynamisme d'union et de communion entre Dieu et le croyant. C'est très exactement ce que Jésus développe à travers le pain de vie. Cette union entre Dieu et le croyant (la communauté croyante), cette Alliance est désormais réalisée dans la personne même de Jésus, chair donnée pour la vie du monde. Il est en personne l'accomplissement du don de la Loi.



La chair chez Jean signifie la condition humaine, terrestre et mortelle de Jésus. C'est cette condition humaine en cela même qu'elle n'est pas Dieu que Dieu vient épouser dans la personne de son Fils. Union personnelle, intime ; union qui est participation à cette même relation qui unit le Père à son Fils. Il ne saurait y avoir union plus profonde que celle-là, ce qu'exprime avec grand réalisme l'acte même de manger. Cette union est vie, et vie éternelle. Coupé de ce lien sauveur et créateur, toutes choses finissent par sombrer dans le néant. Vraiment, Jésus est "le pain vivant descendu qui ciel", le pain qui fait monter au ciel toutes choses mortelles qu'il est venu nourrir de vie éternelle.



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T
coucou viens boire un café chez moi,je t'attend
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